Le fonctionnement du cerveau en temps normal

Habituellement, le cerveau traite en continu toutes les informations qu’il peut recevoir. Il choisit d’en retenir certaines et d’autres pas. Il existe ainsi un système de Traitement Adaptatif de l’Information (système inné de guérison) permis par l’architecture cérébrale et la connectivité de différentes aires.
Lorsque l’on vit quelque chose d’important émotionnellement, le cerveau conserve cette information et en fait un souvenir que l’on peut raconter et solliciter si besoin. Il juge que ce souvenir va lui servir pour s’adapter à certaines situations dans le futur.
Par exemple, si l’on a vécu quelque chose de déplaisant, le cerveau stocke l’information pour nous permettre de changer notre façon de faire si la situation se reproduit.

Lire l’infographie "Stress post-traumatique : les mécanismes du cerveau"

Le fonctionnement du cerveau suite à un événement traumatique

Quelquefois, face à l’ampleur, l’intensité et la gravité perçue d’un événement, le cerveau dysfonctionne. Il perd sa capacité à archiver correctement les informations reçues.
L’événement traumatique provoque un stress trop intense, fragilisant les différentes interactions entre les zones cérébrales.
Des répercussions sont alors observées, notamment dans quatre zones du cerveau :

L’amygdale

On peut remarquer une hyperactivité de l’amygdale, centre des émotions et de la peur. Cette activité électrique augmentée de l’amygdale intensifie le souvenir traumatique et conditionne la personne à ressentir de la peur, entraînant des symptômes émotionnels majeurs, au premier plan l’angoisse, comme dans une phobie. Cet envahissement par des éléments souvent sensoriels (flashbacks) est à l’origine du syndrome de répétition traumatique.

L’hippocampe

A contrario, l’hippocampe, qui joue un rôle central dans la mémoire, est atrophié. Ce qui peut expliquer que les personnes exposées à un événement traumatique aient des souvenirs confus ou développent une amnésie partielle sur la façon dont s’est déroulé l’événement. Ce défaut de contextualisation (souvenirs fragmentés) favorise la surgénéralisation du traumatisme et empêche d’en intégrer les enjeux, favorisant les modifications de perception de soi, des autres, etc.

Le cortex cingulaire antérieur

Par ailleurs, le fonctionnement du cortex cingulaire antérieur, qui joue un rôle d’autorégulation et sert à empêcher des réactions de peur inappropriées, est altéré. Ce sont des symptômes de stress proprement dit, parmi lesquels les déficits attentionnels, l’hypervigilance et la difficulté à inhiber une réponse émotionnelle ou un comportement automatique.

Le cortex préfrontal

Le cortex préfrontal régule les émotions en inhibant les réponses émotionnelles excessives ou inappropriées. Chez les personnes atteintes de TSPT, cette capacité de régulation émotionnelle est souvent diminuée, ce qui entraîne une réactivité émotionnelle accrue et une difficulté à éteindre les réponses de peur déclenchées par des stimuli traumatiques. Une baisse de l’activité de cette région peut également entraîner des difficultés à prendre des décisions efficaces, en particulier dans des situations stressantes ou rappelant le traumatisme.
Ces dysfonctionnements empêchent la mise à distance de l’événement, c’est pourquoi la personne continue à le revivre régulièrement par des flashbacks, des cauchemars, des pensées et des émotions négatives.
Lorsque ces symptômes persistent, il est essentiel d’en parler à un professionnel de santé (médecin généraliste, psychiatre ou psychologue) afin de mettre en place un accompagnement thérapeutique adapté (thérapie cognitivo-comportementale, EMDR) et aider le cerveau à fonctionner de nouveau correctement.

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