Qu'est-ce que la dépression ?

La dépression

La dépression est une baisse progressive et extrême de l’humeur, vers le désintérêt, la perte de plaisir, le pessimisme, les idées mortifères aggravées par le ralentissement intellectuel et physique. 

La dépression est le 1er facteur d'incapacité sur le plan mondial selon l'OMS. Ce trouble touche 1 personne sur 5 au cours de sa vie, soit 7.5% de la population. 

Le terme de dépression est très fréquemment utilisé dans le langage courant. Que ce soit pour évoquer un état d’âme passager, pour parler d’une baisse du cours de la bourse ou encore pour décrire une météo maussade. Chacun d’entre nous possède une façon « d’être au monde », une humeur de base qui dépend de notre personnalité. On dira ainsi d’un tel qu’il est optimiste. Cette humeur varie en fonction des événements de la vie, de leur intensité, de leur perception. L’humeur contribue ainsi selon l’éprouvé des situations à la palette normale des émotions agréables, neutres ou désagréables qui colorent nos états d’âmes. La déprime commune, passagère n’est pas la dépression. 

Retrouvez ci-dessous des articles concernant la dépression, rédigés avec l'aide du Comité Scientifique INICEA et du réseau de médecins psychiatres experts du Groupe.

La dépression

Comment aider une personne souffrant de dépression ?

La dépression est un trouble psychiatrique fréquent qui touche 1 personne sur 5 au cours de sa vie.

La dépression

Comprendre le syndrome anxio-depressif

Selon les chiffres de Santé publique France, 264 millions de personnes seraient atteintes de troubles dépressifs dans

La dépression

Zoom sur la dépression réactionnelle

La dépression est une maladie très répandue et le premier facteur d'incapacité sur le plan mondial, selon les données

5 idées reçues sur la dépression

La dépression est un manque de volonté

La dépression est une vraie maladie. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté ou d’une faiblesse de caractère.

On peut s'en sortir par soi-même

Vouloir s’en sortir exclusivement par soi-même peut compliquer les choses : accepter de l’aide est une première victoire sur la maladie.

Il est impossible de guérir complètement d’une dépression

Faux, les traitements disponibles sont efficaces même pour les dépressions sévères.

Il n’existe pas de dépendance aux antidépresseurs

L’arrêt prématuré d’un traitement antidépresseur augmente le risque de rechute.

L'origine de la dépression

Evolution des conceptions : hier, aujourd'hui et demain

Hier.

La psychiatrie est une discipline très dynamique qui a connu ces 10 dernières années de multiples avancées conceptuelles et pharmacologiques.

Les antidépresseurs les plus anciens sont moins utilisés au profit de nouvelle molécules généralement mieux tolérées. En plus de ces aspects biologiques, plusieurs théories étiopathogéniques tentent d’expliciter l’origine de la dépression.

La théorie psychanalytique s’attache à la notion de perte d’objet et rapproche le deuil et la mélancolie (dépression réactionnelle à l'époque de S.Freud, 1915). Cette perte d'objet est variée. Il peut s’agir d’une rupture avec une personne investie, d’une perte financière, de la perte d'un idéal ou encore d'un emploi. Elle comporte une identification à l'objet perdu. Elle représenterait, dans l'inconscient, la perte imaginaire de l'objet primitif, tutélaire, correspond aux premières relations maternelles de l'enfant.

La théorie cognitive de Beck (1974) est la plus connue. Elle postule qu'à l'origine de la dépression, existe un trouble la pensée. La perte de la logique de la pensée abouti à une succession d'erreurs et à une évaluation erronée, péjorative des événements, qui alimente la pensée dépressive. Elle implique des pensées négatives sur la faible estime de soi, le monde/l'entourage (ex. le monde est injuste), et l'avenir incertain ou sans espoir

La théorie événementielle fait appel à la notion d'homéostasie du sujet avec le milieu et à la notion de réaction du sujet qui, lors d'un événement, réagit pour recouvrer un nouvel équilibre satisfaisant avec l'environnement. Certains événements sont traumatiques et dépassent les possibilités adaptatives du sujet et entraînent un état dépressif.

 

Aujourd'hui et demain.

Découverte de marqueurs diagnostic de dépression

Le diagnostic de dépression est de nos jours exclusivement clinique. Les examens complémentaires tels qu’une imagerie cérébrale (scanner ou IRM du cerveau), le dosage des hormones thyroïdiennes, des enzymes hépatiques ou l’évaluation de la fonction rénale sont utiles pour éliminer une affection organique et parfois nécessaires avant la mise en route d’un traitement médicamenteux adapté. De nombreux scientifiques considèrent que cette pratique devrait prochainement disparaitre, au profit d’une approche intégrant à la clinique, des marqueurs biologiques, radiologiques, électrophysiologiques, cognitifs et/ou neurologiques. 

Intérêt des techniques de neuromodulations 

Différentes méthodes de stimulation cérébrale non invasives ont été évaluées dans les pathologies psychiatriques. La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr), est déjà officiellement approuvée par la FDA (Food and Drug Administration), l’agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux, dans la dépression. D’autres techniques, telles que la stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS) ou la stimulation du nerf vague font actuellement l’objet de nombreuses études. Certaines indications sont bien validées et ont franchi le stade de la recherche notamment la dépression pour la SMTr.  

L’intérêt de la kétamine pour les dépressions résistantes

La kétamine est un antagoniste N-méthyl-D-aspartate (NMDA) très proche du PCP (phéncyclidine). C’est un anesthésique général également utilisé à but récréatif comme stupéfiant. Des travaux récents ont montré qu'une perfusion a une action antidépressive très rapide (en quelques heures) contrastant avec le délai habituel de 15 jours des antidépresseurs. Des perfusions répétées, sur de petits groupes de patients souffrant de dépressions résistantes, se sont également avérés efficaces à court terme, voire à moyen terme. Les questions du maintien dans le temps de l’effet antidépresseur, de la supériorité éventuelle des injections répétées par rapport à une injection unique et du taux de réponse restent débattues. Ces résultats bien qu’encourageant demandent à être confirmés par de grandes études contrôlés qui permettront également d’étudier la sécurité d’emploi et le risque éventuel de conduites addictives ultérieures.

Les causes biologiques de la dépression

Au niveau du fonctionnement cérébral, on conçoit la dépression comme étant un défaut de communication entre les neurones en raison d’un déficit en neuromédiateurs, messagers de l’information.

Trois neuromédiateurs sont particulièrement importants pour le bon fonctionnement du cerveau et pour la stabilité du moral : la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine. Cette hypothèse est avancée depuis les années 60 et la découverte des premiers antidépresseurs dont le mode d’action principal est d’inhiber la recapture de la sérotonine, c.-à-d. d’en augmenter son taux cérébral. Plus récemment, des données issues de la neuro-imagerie, de la neurophysiologie et de la biologie cellulaire et moléculaire ont permis d’associer la dépression à différents phénomènes neurobiologiques notamment un dysfonctionnement de la neuroplasticité. La neuroplasticité correspond à des changements d’organisation et de structure de certains éléments neuronaux, produisant, une modification ou une modulation de leur fonction (neurogénèse, apoptose, plasticité synaptique, réorganisation de la composition de réseaux neuronaux…).

Les modifications seraient fonction de facteurs de l’environnement dans lequel vit le sujet (ex : stress, alcool..) et de l’environnement dans lequel se trouve le système nerveux (ex : taux de glucocorticoïdes). Sachant que la sérotonine (5-HT) régule plusieurs aspects de la plasticité cérébrale et que la plupart des antidépresseurs efficaces facilitent la transmission 5-HT, il a été proposé que ces psychotropes exercent également leur effet thérapeutique en favorisant les processus neuroplastiques.

Les chiffres clés de la dépression

1
la dépression est le 1er facteur d’incapacité sur le plan mondial (données OMS)
1 sur 5
le nombre de personne qui souffrira d’une dépression au cours de sa vie
2
la dépression touche 2 fois plus les femmes que les hommes
3
en millions le nombre de personnes ayant vécu une dépression en France au cours des 12 derniers mois (INPES)
10
les troubles dépressifs unipolaires sont 10 fois plus fréquents que les troubles dépressifs bipolaires
25
le risque de décès par suicide est multiplié par 25 chez les personnes souffrant de dépression
50%
le nombre de personnes ayant une dépression qui ne sont pas traitées
70 %
les traitements sont efficaces dans près de 70% des cas
75 %
le risque de faire de nouveau une dépression au cours de la vie après une première dépression
300
le nombre, en millions, de personnes souffrant de dépression, la tendance est malheureusement à l’augmentation