Le sommeil

Les médicaments

Plusieurs classes de médicaments agissent sur le sommeil avec un risque assez important de dépendance pour certain.

Le risque principal des traitements médicamenteux est d’empêcher l’apprentissage et d'empêcher l’hygiène du sommeil et la Restriction du Sommeil – Contrôle du Stimuli (RSCS).

Si un comprimé suffit pour me faire dormir, pour quelle raison est-ce que je devrais appliquer tout ça ? Pourquoi faire un tel effort alors que c’est si simple avec les médicaments ? Je ne vais tout de même pas devoir me séparer de mon téléphone, arrêter la télévision, limiter ma caféine, etc. alors qu’en 20 minutes je m’endors ! Et tant pis s’il faut augmenter la dose dans 3 mois car ça ne sera plus efficace.

1. Les « vrais » somnifères (hypnotiques) : ce sont les molécules qui agissent sur les récepteurs GABA, notamment les benzodiazépines et apparentés. Ces molécules agissent vites et améliorent le sommeil mais il existe un risque de dépendance important qui se caractérise par :

  • Une tolérance : il faut augmenter les doses pour avoir le même effet
  • Un sevrage : en absence de traitement la situation empire

Ces molécules peuvent être utilisées mais pour des durées courtes (idéalement moins de 3 mois). Il est tout à fait possible de récupérer un sommeil de qualité malgré une dépendance à ces traitements mais pour cela il est nécessaire de les diminuer doucement (sous surveillance médicale) tout en appliquant les techniques de gestion de l’insomnie développées plus haut.

2. Les sédatifs : ce sont des molécules qui ne sont théoriquement pas faites pour améliorer le sommeil mais qui induisent une somnolence. Ce sont par exemple les médicaments antihistaminiques (traitements donnés dans les allergies), certains antidépresseurs et certains neuroleptiques.

3. La mélatonine : il s’agit d’une hormone qui est naturellement sécrétée par l’hypothalamus et est impliqué dans la régulation de l’horloge biologique.

En pratique

  • Les somnifères sont utiles mais à haut risque de dépendance, ils peuvent être utilisés mais pour des durées les plus courts possibles.
  • Les sédatifs sont utiles mais entraînent les risques associés aux classes de médicaments auxquels ils appartiennent (antihistaminiques, antidépresseurs, neuroleptiques*). Sachant que d’autres antidépresseurs peuvent avoir l’effet inverse (ex : stimulant / insomniant), et que certains neuroleptiques peuvent être très peu (voir pas) sédatifs.
  • La mélatonine peut être utilisée pour recaler les phases et pour améliorer le sommeil, elle doit être prise au moins 7 jours pour avoir un début de bénéfice.

Sources et bibliographie

Ces contenus sont issus du "Guide de gestion des troubles du sommeil" V1-2020 élaboré par Dr. Alexis BOURLA – Dr. Florian FERRERI – Dr. Stéphane MOUCHABAC, membres du comité scientifique INICEA. Ce guide a été élaboré à partir de :