Le sommeil

Le cercle vicieux de l'insomnie

Le cercle vicieux de l'insomnie

Généralement la difficulté à traiter une insomnie réside dans le fait que l’on va mettre en place des moyens inadaptés pour la combattre : les tentatives de gestion de l’insomnie ne vont faire que la renforcer, il s’agit la encore d’un cercle vicieux.

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Source : reproduit du "Guide de pratique pour le traitement de l'insomnie" - Goulet, J., Chaloult, L., Ngô, T.L., 2013

"Casser" les facteurs perpétuants

La principale difficulté réside non pas à gérer les facteurs précipitants (stress, maladie) mais à « casser » les facteurs perpétuants car ces derniers vont être sous-tendus par un ensemble de croyances difficiles à endiguées.

1. Les patients vont avoir tendance à attribuer à leurs problèmes de sommeils des choses qui n’y sont pas liées : par exemple quelqu’un en dépression va imputer à son insomnie sa fatigue et ses problèmes de concentration et va vouloir qu’on augmente ses somnifères alors que c’est la dépression qui explique la fatigue et les problèmes de concentration bien plus que l’insomnie (qui est d’ailleurs elle-même secondaire à la dépression). Dans un cas comme ça il est nécessaire de traiter très activement la dépression (« et l’insomnie s’en ira avec »).

2. Les patients vont avoir tendance à surestimer (dramatiser) la gravité des conséquences de l’insomnie.

3. Les patients vont avoir tendance à surestimer l’insomnie, c’est-à-dire à fortement sous-estimer le nombre d’heure de sommeil réel effectué. Cela s’appelle une « agnosie » du sommeil, c’est-à-dire que le patient est intimement convaincu de n’avoir dormi que quelques instants (voir même pas dormi du tout). Cette agnosie peut être confirmée scientifiquement car il existe de nombreuses études ou l’on a enregistré le sommeil des patients avec des capteurs et ou l’on a pu mettre en évidence cette « discordance » entre le temps de sommeil ressentit par le patient et son temps de sommeil réel.

Du fait de ces croyances (« tout est la faute de mon insomnie » « l’insomnie c’est très grave » « mon insomnie est très sévère ») les patients mettent en place des mécanismes comportementaux inadaptés pour essayer de « compenser » ce qu’ils estiment être grave : Ils vont passer plus de temps au lit et ils vont éviter de se relever lorsqu’ils n’arrivent pas à dormir de peur de « louper » le moment de l’endormissement.

A force, ils vont associer leur lit à la notion d’insomnie (il s’agit d’un conditionnement) et ils n’arriveront plus à dormir dans leur lit (mais arriveront plus facilement à dormir dans un autre lit que le leur ou sur un fauteuil). Un autre conditionnement est celui de la nuit : lorsque la nuit arrive cela déclenche le signal « insomnie » alors même que dans la journée il était possible de dormir.