Etat délirant aigu

La prise en charge

6 - La prise en charge

QUI : en cas de suspicion d’un épisode délirant aigu, la consultation chez un psychiatre, le plus rapidement possible, est recommandée. 
QUAND : dès que possible, lors de l’apparition des premiers signes évocateurs (idées délirantes).
COMMENT : la consultation peut se faire dans un centre médico-psychologique. Il s’agit de centres publics sectorisés. Elle peut se faire également auprès d’un psychiatre ou d’un établissement libéral (non sectorisés). Le soin sous contrainte (soins à la demande d’un représentant de l’état ou à la demande d’un tiers) ne peut se faire que dans un établissement public.
 

Les médicaments.

Le traitement de référence de l’épisode délirant aigu est un médicament de la classe « antipsychotique » (anciennement appelés neuroleptiques) Les recommandations préconisent la prescription d’un antipsychotique de seconde génération en première intention lorsque cela est possible. 

Des antipsychotiques peuvent être associés entre eux, notamment pendant les phases aigues de la maladie, lorsqu’une sédation est nécessaire. Le traitement d’entretien recommandé est toutefois la monothérapie antipsychotique. Certains traitements peuvent se prendre en comprimés ou en injection à libération prolongée (en injection toutes les deux à quatre semaines) ce qui permet d’améliorer l’observance. La durée minimum recommandée de traitement antipsychotique pour prévenir la rechute psychotique est de deux ans.

Liste des antipsychotiques prescrits le plus fréquemment en France en 2018
Antipsychotiques de seconde génération (en première intention)
clozapine (Leponex ®)
olanzapine, pamoate d'olanzapine (Zyprexa ® Zypadhera®)
rispéridone, rispéridone microsphère (Risperdal ® Risperdal consta®)
quétiapine (Xeroquel ®)
amisulpride (Solian ®)
palmitate de palipéridone (Xeplion ®, Trevicta ®) 
aripiprazole (Abilify ®)

Antipsychotiques de première génération (en seconde intention)
halopéridol, décanoate d'halopéridol (Haldol ®)
chlorpromazine (Largactil ®)
cyamémazine (Tercian ®)
lévomépromazine (Nozinan ®)
fluphénazine, décanoate de fluphénazine (Modécate ®)
pipotiazine, palmitate de pipotiazine (Piportil ®)
pipampérone (Dipiperon ®)
pimozide (Orap ®)
penfluridol (Semap ®)
zuclopenthixol, décanoate de zuclopenthixol (Clopixol ®)
flupentixol, décanoate de flupentixol (Fluanxol ®)
loxapine (Loxapac ®)
 

L’épisode délirant aigu s’accompagne fréquemment d’angoisses. La prise d’anxiolytiques au long court n’est pas recommandée car elle peut entrainer des risques de dépendance et une aggravation des troubles cognitifs. L’angoisse doit idéalement être prise en charge soit par un traitement médicamenteux (modification de l’antipsychotique) soit par une psychothérapie spécifique. 
 

L'hygiène de vie.

Pour les personnes ayant épisode psychotique aigu, le maintien de conditions de vie les plus saines possibles est une priorité pour limiter l’impact de l’épisode. Sont recommandés en particulier :

  • l’arrêt du tabac et du cannabis et des autres drogues, la limitation de la consommation d’alcool
  • le maintien d’une activité physique. En cas de difficulté, des applications gratuites sur smartphones permettent de faire des exercices à domicile sans matériel de sport.
  • le maintien d’une bonne hygiène de sommeil : lever à heure fixe, une ou deux siestes de vingt minutes maximum dans la journée, pas d’exposition aux écrans dans l’heure qui précède le coucher, température de la chambre à coucher entre 17 et 18 degrés, utilisation d’un masque de nuit et de boules quies si nécessaire
  • maintien d’une alimentation riche en fibres et en protéines (légumes verts, salades, légumineuses), réduction des féculents (privilégier le riz complet aux pâtes et pomme de terre), réduction de la viande (privilégier les viandes blanches comme la dinde) et des laitages (remplacer les yaourts par des compotes sans sucre ajouté). Certains antipsychotiques peuvent augmenter l’appétit et par conséquent la prise de poids, maintenir une bonne alimentation est capital pour le bien être, la motivation et l’énergie. Les sucres raffinés (par exemple dans les pâtisseries) et les graisses saturées (par exemple dans la Junk Food, certaines pizzas préparées) sont à diminuer au maximum. 

  • maintien des contacts sociaux en favorisant les activités d’extérieur
  • maintien du contact avec la nature (parc, randonnées…)
  • suppression des distracteurs (notifications sur le téléphone portable etc) pour améliorer la concentration et la planification de tâches.
Importance de l'hygiène de vie

Pour en savoir plus

Psychoses délirantes aiguës. H.Weibel, J.-Y.Metzger, EMC - Psychiatrie, Volume 2, Issue 1, Jan 2005, Pages 40-61

Pour les règles hygiéno-diététiques et les traitements complémentaires : Savoir pour guérir : devenez la meilleure version de vous-même en 3 étapes. Manuel de développement personnel de Guillaume Fond