Etat délirant aigu

Evolution des conceptions

5 - Evolution des conceptions

Hier.

L’épisode délirant aigu était anciennement nommé Bouffée délirante aigue (BDA). La notion de bouffée indiquait que l’épisode se résorbait spontanément en quelques semaines et que sa durée restait inférieure à six mois (sans quoi il s’agit d’un diagnostic de schizophrénie ou d’un autre trouble psychotique chronique).
Le « délire d’emblée » était décrit par Magnan en cinq points : 

  • soudaineté du début
  • polymorphisme du délire
  • labilité de l’humeur et note confusionnelle
  • absence de symptômes physiques 
  • résolution rapide de l’accès

Plusieurs formes d’états délirants aigus ont été décrits dans l’école Française ( par exemple la paranoïa rudimentaire de Janet, la paranoïa abortive de Gaupp, le délire sensitif de Kretschmer…) et ne sont plus usités aujourd’hui.
 

Aujourd'hui et demain.

Différents courants de recherche tentent d’expliquer les mécanismes de l’épisode délirant aigu. Voici quelques pistes en cours d’exploration :

  • la piste immuno-inflammatoire : l’épisode délirant aigu serait associé à des perturbations immunitaires qui pourraient perturber le fonctionnement du cerveau
  • la piste du stress oxydatif : l’épisode délirant aigu serait associé à des perturbations du stress oxydatif, c’est-à-dire un défaut des capacités de notre organisme à réguler les radicaux libres, des molécules qui peuvent dénaturer et perturber le fonctionnement cérébral
  • une réduction des capacités inhibitrices du GABA, un neurotransmetteur dont la fonction serait de réguler « l’embrasement cérébral »
  • une augmentation du glutamate, un neurotransmetteur excitateur associée à une hypofonction des récepteurs NMDA (récepteurs du glutamate dans le cerveau)